Quand un adolescent commence un traitement médicamenteux pour le TDAH, les parents se posent souvent la même question : est-ce que ça va ralentir sa croissance ? La réponse n’est pas simple, mais elle est claire : oui, cela peut l’impacter - mais rarement de manière grave, et toujours avec des solutions pratiques.
Les formules varient : certaines agissent en 3-4 heures (à libération immédiate), d’autres durent 8 à 12 heures (à libération prolongée). La dose quotidienne peut aller de 5 mg à 72 mg, selon le médicament et la réponse individuelle. L’Agence américaine des médicaments (FDA) autorise l’usage du méthylphénidate à partir de 6 ans et des amphétamines à partir de 3 ans - ce qui explique pourquoi leur usage chez les adolescents a augmenté de 22 % entre 2016 et 2022 aux États-Unis.
Sur les forums de parents, les témoignages sont nombreux. Une mère sur Reddit raconte que son fils de 14 ans, sous 40 mg de Vyvanse, ne mange qu’une barre de céréales à l’école, puis ingère plus de 2 000 calories le soir, après la disparition de l’effet du médicament. Ce phénomène, appelé « rebound eating », est courant. Dans une enquête de CHADD en 2022, 42 % des parents ont rapporté que leurs enfants consommaient moins de 300 calories pendant la journée scolaire.
La bonne nouvelle ? Ce n’est pas une fatalité. Les stratégies simples fonctionnent bien. Commencer la journée par un petit-déjeuner riche en calories - avant que le médicament n’agisse - aide beaucoup. Des snacks caloriques comme les noix, l’avocat, le fromage ou les smoothies protéinés peuvent être intégrés entre les repas. Certains médecins prescrivent même des stimulants d’appétit comme la cyprohéptadine dans les cas sévères. Une étude de 2018 a montré que cette approche permettait de reprendre une croissance normale chez les adolescents en perte de poids rapide.
Cependant, les différences sont plus faibles qu’on ne le pense. Une méta-analyse de 2019 dans CNS Drugs a montré que les amphétamines réduisent la croissance de 1,7 cm en trois ans, contre seulement 1,1 cm pour le méthylphénidate. Les formulations à libération prolongée semblent avoir un impact légèrement plus marqué que les versions à libération immédiate - mais cette différence n’est pas statistiquement significative à long terme.
Et surtout : la croissance se rattrape. Une étude de 2013 a révélé que 87 % des adolescents reprennent 75 % de leur vitesse de croissance normale dans les six mois après l’arrêt du traitement. Le suivi du MTA en 2023 a confirmé cela : 89 % des adolescents qui avaient subi une réduction de croissance ont atteint leur hauteur génétique prévue à 25 ans. Seuls 11 % ont conservé une différence persistante de plus de 1,5 cm.
Si la vitesse de croissance tombe en dessous du 25e percentile pour l’âge, ou si le z-score de la taille baisse de plus de 0,5 ou celui du poids de plus de 1,0 en six mois, il faut agir. Cela ne signifie pas arrêter le traitement, mais le réévaluer.
Les pédiatres utilisent souvent les courbes de croissance standardisées (comme celles de l’OMS) pour suivre l’évolution. Certains centres, comme la Cleveland Clinic, utilisent des systèmes électroniques pour tracer automatiquement ces données. En 2021, 92 % des cabinets pédiatriques aux États-Unis avaient intégré ce suivi numérique.
Une étude de 2020 dans le Journal of Attention Disorders a montré que 73 % des pédiatres psychiatriques recommandent cette approche. Les résultats sont convaincants : les adolescents reprennent leur vitesse de croissance normale pendant ces périodes sans médicament. Ce n’est pas une solution pour tous - certains ont des troubles comportementaux très marqués en l’absence de traitement - mais pour beaucoup, c’est une option sûre et efficace.
En 2022, 18 % du marché des traitements pour adolescents aux États-Unis était occupé par ces alternatives - contre 12 % en 2018. Leur popularité augmente précisément parce que les familles veulent éviter les effets secondaires liés à la croissance. Mais il faut faire un choix : moins d’effets secondaires, ou plus d’efficacité ?
Plus prometteur encore : les tests génétiques. Des entreprises comme Genomind ont montré que lorsqu’on adapte la dose en fonction du gène CYP2D6 - qui contrôle la manière dont le corps métabolise les médicaments -, la réduction de croissance diminue de 40 %. En 2024, l’Académie américaine de pédiatrie devrait publier de nouvelles lignes directrices intégrant ces données.
Le projet GALS (Growth and ADHD Longitudinal Study), financé à 4,2 millions de dollars par l’Institut national de la santé mentale, vise à répondre à la question cruciale : quel est l’impact exact de la durée du traitement, de la dose, et du type de médicament sur la croissance finale ?
Le traitement du TDAH n’est pas un compromis entre santé mentale et croissance physique. C’est un équilibre à ajuster - et vous avez les outils pour le faire.
Non. La plupart des adolescents subissent une légère ralentissement de la croissance pendant les deux premières années de traitement, mais la grande majorité rattrape ce retard après l’arrêt du médicament ou lors de pauses thérapeutiques. Une étude de 2023 a montré que 89 % des adolescents atteignent leur hauteur génétique prévue à l’âge de 25 ans. Seuls 11 % conservent une différence persistante de plus de 1,5 cm.
Les amphétamines ont un impact légèrement plus marqué sur la croissance que le méthylphénidate. Une méta-analyse de 2019 a montré que, sur trois ans, les adolescents sous amphétamines perdaient en moyenne 1,7 cm en hauteur, contre 1,1 cm sous méthylphénidate. Cela ne veut pas dire qu’il faut éviter les amphétamines - mais cela peut influencer le choix du traitement, surtout si l’adolescent est déjà petit pour son âge.
Oui, pour beaucoup d’adolescents. Pendant les vacances d’été ou les week-ends, arrêter temporairement le traitement permet au corps de reprendre une croissance normale. 73 % des pédiatres psychiatriques recommandent cette approche. Cela fonctionne bien si les symptômes du TDAH ne sont pas trop invalidants en l’absence de traitement. Il faut toujours le discuter avec le médecin, mais c’est une stratégie validée.
Si la perte de poids dépasse 10 % du poids corporel, oui. Cela signifie que le traitement a un impact trop fort sur l’appétit et la nutrition. Avant de changer, essayez d’abord d’ajuster les repas : manger avant le médicament, ajouter des snacks caloriques. Si ça ne suffit pas, un changement vers une forme à libération prolongée, une dose réduite, ou un médicament non stimulant comme l’atomoxetine peut être nécessaire.
Oui, certains le sont. La nouvelle formulation Adhansia XR, approuvée en 2023, a montré 18 % moins de perte de poids que les anciennes versions. De plus, les tests génétiques (comme ceux basés sur le gène CYP2D6) permettent de personnaliser la dose et réduisent de 40 % les effets secondaires liés à la croissance. Ces avancées rendent le traitement plus sûr, surtout pour les adolescents à risque.