Vous avez peut-être entendu dire que l’Hypericum perforatum, ou St. John’s Wort, est une solution naturelle pour la dépression légère. Et oui, certaines personnes en ressentent un soulagement. Mais ce que peu de gens savent, c’est que ce petit plant aux fleurs jaunes peut rendre vos médicaments prescrits inutiles - ou pire, dangereux. Si vous prenez un anticoagulant, une pilule contraceptive, un traitement contre le VIH, ou même un statine, ce supplément peut modifier radicalement la façon dont votre corps les traite. Et ce n’est pas une hypothèse : c’est une réalité clinique documentée dans des milliers de cas.
L’effet du St. John’s Wort ne vient pas seulement de ses propriétés antidépressives. Son vrai pouvoir, et sa plus grande menace, réside dans un composé appelé hyperforine. C’est lui qui active les enzymes du foie, notamment le CYP3A4, et le transporteur P-glycoprotéine. Ces systèmes sont comme les usines de détoxification de votre corps : ils décomposent les médicaments pour les éliminer. Quand le St. John’s Wort les stimule, vos médicaments sont éliminés trop vite. Résultat ? Leur concentration dans le sang chute de 30 % à 50 %. Vous prenez votre pilule, votre warfarine, votre cyclosporine… mais votre corps les détruit avant qu’elles n’aient pu faire leur travail.
Un étude de l’Australian Therapeutic Goods Administration montre qu’après seulement deux semaines de prise de 900 mg par jour, l’activité du CYP3A4 peut augmenter de jusqu’à 40 %. Et ce n’est pas temporaire : les effets persistent jusqu’à deux semaines après l’arrêt du supplément. Cela signifie que même si vous arrêtez le St. John’s Wort, vos médicaments peuvent encore être mal absorbés pendant des jours.
Voici les classes de médicaments qui peuvent être gravement affectées :
Plus de 50 interactions majeures sont documentées. Le Dr John R. Horn, expert en interactions médicamenteuses à l’Université de Washington, le dit clairement : « Le St. John’s Wort a l’un des profils d’interactions les plus étendus et les plus dangereux de tous les suppléments naturels. »
Beaucoup pensent : « C’est naturel, donc sans danger. » C’est l’erreur la plus courante - et la plus mortelle. Un sondage de l’Université Johns Hopkins en 2022 a révélé que 73 % des patients ayant subi une interaction n’étaient pas au courant du risque. Et 41 % n’ont jamais dit à leur médecin qu’ils prenaient ce supplément. Pourquoi ? Parce qu’ils ne le considèrent pas comme un « médicament ».
Et pourtant, le St. John’s Wort est bien plus qu’un thé aux fleurs. Il est un puissant modulateur biochimique. Il agit sur les mêmes voies que les médicaments de synthèse. Il ne s’agit pas de « complément » : c’est une intervention pharmacologique active.
Des patients ont écrit sur Reddit : « J’ai pris du St. John’s Wort pour la dépression pendant trois semaines, et mon INR est tombé de 2,8 à 1,5. J’ai failli avoir un caillot. » Un autre a raconté : « J’ai eu un bébé alors que je prenais la pilule parfaitement. Le médecin m’a dit que c’était dû au St. John’s Wort. »
Ne l’arrêtez pas brutalement. Mais ne continuez pas non plus sans avis médical.
Les pharmacies en Australie et en Allemagne sont obligées d’afficher des avertissements sur les produits de St. John’s Wort depuis 2018. Aux États-Unis, la FDA exige depuis 2019 que les étiquettes contiennent cette phrase : « Demandez à un médecin avant d’utiliser si vous prenez un médicament sur ordonnance. » Mais combien de gens lisent ces petites lettres ?
Des recherches récentes (2023) montrent que les extraits standardisés contenant moins de 0,3 % d’hyperforine pourraient conserver leur effet antidépresseur tout en réduisant les interactions. C’est une piste prometteuse. Mais pour l’instant, aucun produit commercial n’est garanti sûr pour les patients sous traitement médical.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments a conclu en 2022 qu’« aucun seuil de sécurité ne peut être établi » pour les personnes prenant des médicaments. En d’autres termes : si vous prenez un traitement prescrit, le St. John’s Wort n’est pas une option sûre.
Il existe des alternatives sans risque d’interaction : la thérapie cognitivo-comportementale, l’exercice physique régulier, la luminothérapie, ou même la méditation guidée. Ces approches sont soutenues par des preuves scientifiques solides, sans risque de réduction de l’efficacité de vos médicaments.
Le St. John’s Wort n’est pas un « remède doux ». C’est un outil puissant, mais imprévisible. Et dans un corps déjà en traitement, la moindre imprécision peut coûter la vie.
Oui, et c’est particulièrement dangereux. Le St. John’s Wort augmente la sérotonine dans le cerveau, tout comme les antidépresseurs SSRIs. Ensemble, ils peuvent provoquer un syndrome sérotoninergique : agitation, transpiration excessive, fièvre, battements cardiaques rapides, tremblements, voire convulsions. Des cas mortels ont été rapportés en Australie et aux États-Unis. Ne jamais combiner ces deux types de traitements sans supervision médicale stricte.
Non. Même un seul médicament sur ordonnance - même pris de temps en temps - peut être affecté. Un anticoagulant pris pour un caillot passager, une pilule contraceptive, un anti-inflammatoire pour une douleur aiguë : tous peuvent interagir. Il n’existe pas de « faible risque » si vous prenez un médicament qui est métabolisé par le CYP3A4 ou transporté par la P-glycoprotéine. Et c’est le cas de la majorité des traitements chroniques.
Attendez au moins 14 jours. L’hyperforine induit les enzymes du foie, et leur activité reste élevée pendant deux semaines après l’arrêt du supplément. Certains patients ont vu leurs taux de cyclosporine ou de warfarine redevenir normaux seulement après 18 jours. Ne comptez pas sur la sensation : vous ne ressentirez rien, mais le risque est toujours là.
Non. Le St. John’s Wort n’est pas le seul supplément à poser problème. Le gingembre, le curcuma, le ginseng, et même le jus de pamplemousse peuvent interférer avec les médicaments. Mais seul le St. John’s Wort est connu pour induire des enzymes de manière si puissante et durable. Tous les compléments doivent être déclarés à votre médecin - pas seulement ceux que vous pensez « naturels ».
Ils le font, mais souvent, les patients ne leur disent pas qu’ils prennent des suppléments. Les médecins ne demandent pas toujours « Prenez-vous des herbes ? » - ils demandent « Prenez-vous d’autres médicaments ? » Et beaucoup de gens pensent que les herbes ne comptent pas. C’est une faille de communication. Si vous prenez quelque chose, même en gélule, dites-le. C’est la seule façon d’éviter une catastrophe.
Si vous prenez un médicament sur ordonnance, ne touchez pas au St. John’s Wort. Pas sans parler à votre médecin. Si vous le prenez déjà, notez les médicaments que vous utilisez, et prenez rendez-vous cette semaine. Ne vous fiez pas à Google, ni à un ami qui « a essayé et ça a marché ». La médecine n’est pas un test de laboratoire personnel. C’est une science précise, et le St. John’s Wort est un acteur imprévisible dans ce système.
La dépression mérite un traitement sérieux. Mais pas à n’importe quel prix. Il existe des options sûres, efficaces, et sans risque d’interaction. Choisissez-les. Votre corps vous remerciera.
Je viens de voir cette pub sur TikTok qui disait que le St-John’s Wort c’était la nouvelle cure de jouvence pour la dépression. J’ai failli en acheter, heureusement que j’ai lu cet article. Merci, c’est une bombe d’info. Je vais dire à ma sœur qui en prend pour ‘se calmer’ qu’elle risque de se faire emboliser.
OH MON DIEU. J’AI PRIS CETTE HERBE PENDANT 3 MOIS EN 2021 POUR ‘ÉVITER LES ANTIDÉPRESSEURS CHIMIQUES’ ET JE PRENAIS UN ANTICOAGULANT POUR UN PHLEBOTHROME. J’AI EU UNE EMBOLIE PULMONAIRE. J’ÉTAIS EN URGENCE. LE MÉDECIN M’A DIT QUE L’HYPERFORINE AVAIT DÉTRUIT MON WARFARINE. JE SUIS VIVANTE PAR CHANCE. PARTAGEZ CET ARTICLE. TOUT LE MONDE DOIT LE LIRE. C’EST PAS UNE HERBE, C’EST UNE ARME BIOCHIMIQUE.
Et si c’était une manipulation des laboratoires ? Tu penses vraiment que la FDA et l’EMA laissent passer un truc aussi dangereux sans qu’il y ait un intérêt caché ? Les big pharma veulent qu’on continue à acheter des pilules coûteuses, alors ils laissent les herbes se vendre comme des bonbons… pour qu’on se fasse éliminer en douceur. Le St. John’s Wort ? C’est un piège. Une arme de destruction biologique douce. Et les médecins ? Ils sont payés pour ne pas en parler. Regarde les stats : 73 % des gens ne disent rien. C’est pas de la négligence. C’est de la manipulation systémique.
Je prends de la sertraline et j’ai eu un doute en voyant ça… j’ai arrêté le St-John’s Wort hier. J’attends de voir mon psy cette semaine. Merci pour le rappel. 🙏
Alors tu dis que c’est dangereux mais tu donnes pas de solution alternative efficace. La luminothérapie ? T’es sérieux ? J’ai essayé. J’ai vu un truc brillant pendant 30 min. J’ai eu mal aux yeux. Rien changé. Le St-John’s Wort marche. Point. T’as qu’à arrêter de faire peur aux gens.
Je suis pharmacienne et j’ai vu des patients en arrêt cardiaque à cause de ça. Pas de blague. Une femme de 52 ans, sous cyclosporine après une greffe du foie, a pris du St-John’s Wort parce que ‘ça faisait moins mal que les pilules’. Résultat : rejet total en 11 jours. Elle est morte dans la salle d’attente. Ce n’est pas une ‘interaction’. C’est un homicide involontaire. Si vous prenez un médicament, dites à votre médecin tout ce que vous ingérez. Même si c’est ‘juste une tisane’.
Techniquement, l’hyperforine est un agoniste du PXR (pregnane X receptor), ce qui induit une transcription accrue du CYP3A4 et du MDR1 via la voie de la rétro-inhibition transcriptionnelle. L’effet est dose-dépendant et chronique, avec une demi-vie d’induction de 14 jours. Ce n’est pas une ‘herbe’, c’est un inducteur enzymatique puissant de classe 1, comparable à la rifampicine. Les études de l’ATG et de la FDA ne sont pas des ‘anecdotes’, c’est de la pharmacocinétique appliquée. Et oui, le jus de pamplemousse inhibe le CYP3A4, donc c’est l’inverse, mais le St-John’s Wort est un inducteur massif. La confusion entre ‘naturel’ et ‘inoffensif’ est une erreur cognitive fondamentale en toxicologie. Ce n’est pas un débat. C’est une réalité biochimique.
Merci pour cet article extrêmement clair et rigoureux. Il est essentiel que les patients comprennent que le terme ‘naturel’ ne signifie pas ‘sans risque’. En tant que professionnel de santé, je recommande systématiquement à mes patients de dresser une liste complète de tous les suppléments, herbes, vitamines et tisanes qu’ils consomment - même ceux qu’ils jugent ‘anodins’. La communication entre patient et médecin est la première ligne de défense contre ces interactions. Je partage cet article avec tous mes patients en consultation. Votre travail sauve des vies.