Outil de décision pour la prévention de l'ostéoporose induite par les stéroïdes

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Quand on prend des stéroïdes à long terme, on ne pense pas toujours à ses os. Pourtant, entre 30 % et 50 % des personnes qui suivent un traitement prolongé par des glucocorticoïdes - comme la prednisone - développent une ostéoporose induite par les stéroïdes. C’est la forme la plus fréquente d’ostéoporose secondaire. Et le pire ? Les fractures peuvent arriver dès les trois à six premiers mois, bien avant que vous ne vous en rendiez compte.

Comment les stéroïdes détruisent vos os

Les glucocorticoïdes ne font pas juste réduire l’inflammation. Ils attaquent directement le renouvellement osseux. En bloquant les ostéoblastes - les cellules qui construisent l’os - ils réduisent la formation osseuse jusqu’à 70 %. En même temps, ils activent les ostéoclastes, les cellules qui détruisent l’os, ce qui augmente la résorption de 30 %. Résultat : vos os deviennent poreux, fragiles, comme du carton mouillé. À une dose de 7,5 mg/jour de prednisone, 12 % des patients ont déjà une fracture vertébrale après un an. Et le risque de fracture est multiplié par 5 à 17 par rapport à une personne non traitée.

Le pilier de base : calcium et vitamine D

Avant même de penser aux médicaments, il faut poser les fondations. Toute personne qui commence un traitement de plus de trois mois avec au moins 2,5 mg/jour de prednisone doit prendre du calcium et de la vitamine D. C’est une règle absolue, pas une option. Les recommandations de l’American College of Rheumatology (2023) sont claires : 1 000 à 1 200 mg de calcium par jour, et 600 à 800 UI de vitamine D. Si vous avez une carence - c’est fréquent -, montez à 800 à 1 000 UI par jour.

Le calcium, c’est le matériau de base. La vitamine D, c’est la clé qui permet à votre corps de l’absorber. Sans elle, le calcium passe à travers vous, inutile. Des études montrent que sans ce duo, même les bisphosphonates ont moins d’effet. Prenez-les avec les repas pour mieux les absorber. Évitez les compléments bon marché sans contrôle de qualité. Un bon calcium est souvent sous forme de citrate ou de carbonate. La vitamine D3 est préférable à la D2.

Les bisphosphonates : la première ligne de défense

Quand les stéroïdes sont là pour durer, les bisphosphonates deviennent indispensables. Ce sont les seuls médicaments qui ont prouvé, dans des essais cliniques sur des milliers de patients, qu’ils réduisent les fractures vertébrales de 41 à 56 %. Alendronate (Fosamax) et risedronate (Actonel) sont les plus étudiés. Leur dose typique : 70 mg par semaine pour l’alendronate, 35 mg par semaine pour le risedronate.

Dans un essai célèbre, les patients traités par alendronate ont gagné 3,7 % de densité osseuse au niveau de la colonne lombaire en un an. Ceux qui n’ont rien pris ont perdu 1,7 %. C’est une différence énorme. Et ce n’est pas une tendance : c’est une preuve solide, validée par des dizaines d’études.

Mais attention : ces comprimés ne se prennent pas comme un simple analgésique. Vous devez les avaler le matin, à jeun, avec un grand verre d’eau. Ensuite, restez debout ou assis pendant 30 à 60 minutes. Pas de couché, pas de repas. Sinon, vous risquez une irritation de l’œsophage - un effet secondaire qui touche 15 à 25 % des patients. Et si vous avez des problèmes digestifs, les bisphosphonates oraux peuvent ne pas être adaptés.

Alternative : l’alendronate intraveineux

Si les comprimés vous posent problème, il y a une autre solution : l’alendronate intraveineux, ou zoledronate. Une perfusion une fois par an. Pas de prise quotidienne. Pas de risque d’irritation de l’œsophage. Et surtout, une meilleure observance : les études montrent que les patients restent sous traitement 38 % plus longtemps avec cette forme.

Le zoledronate réduit aussi le risque de fracture du col du fémur - quelque chose que les bisphosphonates oraux ne font pas toujours. Dans une étude, il a amélioré la densité osseuse de 4,1 % de plus que le risedronate en un an. Pour les personnes âgées, celles avec un risque élevé, ou celles qui ont du mal à prendre un comprimé chaque semaine, c’est une excellente alternative.

Patient prenant un comprimé de bisphosphonate, entouré de mains squelettiques et d'une capsule lumineuse.

Quand privilégier le teriparatide

Les bisphosphonates sont efficaces, mais pas pour tout le monde. Si vous avez déjà eu une fracture, si votre T-score est inférieur à -2,5, ou si vous êtes jeune et sous fortes doses de stéroïdes, les bisphosphonates peuvent ne pas suffire. Là, on passe au teriparatide.

Ce médicament, injecté quotidiennement sous la peau, ne freine pas la perte osseuse : il stimule la croissance de nouveaux os. Dans une étude, seulement 0,6 % des patients sous teriparatide ont eu une nouvelle fracture vertébrale contre 6,1 % sous alendronate. C’est une différence majeure. Et en 18 mois, la densité osseuse augmente de 16,2 % contre 4,3 % avec un bisphosphonate.

Mais il y a un prix : environ 2 500 $ par mois aux États-Unis, contre 250 $ pour un bisphosphonate générique. Et il ne peut être utilisé que pendant deux ans maximum. Il est aussi contre-indiqué si vous avez eu un cancer des os, une maladie de Paget, ou une irradiation du squelette. Pour les patients à très haut risque, c’est le meilleur outil. Mais ce n’est pas le premier choix pour tout le monde.

Les autres options : denosumab et abaloparatide

Le denosumab (Prolia) est une injection tous les six mois. Il réduit les fractures vertébrales de 79 %. Il est souvent proposé aux patients qui ne tolèrent pas les bisphosphonates. Mais attention : si vous l’arrêtez sans passer à un autre traitement, vous pouvez perdre rapidement tout ce que vous avez gagné. Il faut un plan de rechange.

L’abaloparatide, approuvé par la FDA en 2022, est un nouveau médicament proche du teriparatide. Il a montré une augmentation de la densité osseuse encore plus forte dans les essais. Mais il est encore peu utilisé, surtout en Europe, et son coût est très élevé. Il reste pour l’instant une option réservée aux cas complexes.

Qui doit être traité ? Le guide de décision

Tout le monde ne doit pas prendre de bisphosphonates. Voici les critères clés, selon les recommandations de 2022 :

  • Vous avez plus de 40 ans, et vous prenez ≥2,5 mg/jour de prednisone pendant ≥3 mois → traitement recommandé.
  • Vous avez moins de 40 ans, mais vous avez déjà eu une fracture de faible énergie → traitement recommandé.
  • Vous avez moins de 40 ans, mais plusieurs facteurs de risque (tabac, faible poids, antécédents familiaux) → discussion avec votre médecin.
  • Vous avez une insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 30 mL/min) → évitez les bisphosphonates oraux. Privilégiez le teriparatide ou le denosumab.
Colonne vertébrale poreuse avec une figure qui construit de nouveaux os, sous une lune rouge.

Surveillance et suivi

Vous ne pouvez pas juste prendre un médicament et oublier. Vous avez besoin d’un suivi. Une densitométrie osseuse (DXA) doit être faite avant de commencer, puis tous les 12 mois. Si vous perdez plus de 5 % de densité en un an, votre traitement doit être réévalué. Certains patients doivent même passer au teriparatide ou à une combinaison de traitements.

Les pièges à éviter

La majorité des patients ne reçoivent pas le traitement qu’ils devraient. Une étude a montré que seulement 19 % des personnes éligibles sont traitées dans les trois mois suivant le début des stéroïdes. Pourquoi ? Parce que les médecins oublient, ou parce que les patients pensent que c’est inutile.

Autre piège : arrêter les bisphosphonates après 3 à 5 ans sans évaluer la situation. Ces médicaments s’accumulent dans les os. Parfois, une pause est nécessaire. Mais elle doit être planifiée, pas improvisée.

Et puis il y a les effets rares mais graves : les fractures atypiques du fémur (3 à 50 cas pour 100 000 patients par an) et la nécrose de la mâchoire (moins de 0,04 %). Ce ne sont pas des risques courants, mais ils existent. Parlez-en à votre médecin si vous avez une douleur persistante dans la cuisse ou une plaie qui ne guérit pas dans la bouche.

Le futur de la prévention

Les chercheurs travaillent maintenant sur des stratégies en séquence : commencer par le teriparatide pendant 18 mois, puis passer au zoledronate. Les premiers résultats suggèrent une augmentation de la densité osseuse 25 % plus élevée que si on reste sur un seul traitement. Ce n’est pas encore standard, mais ça pourrait devenir la nouvelle référence dans les prochaines années.

Pour l’instant, les bisphosphonates restent la base. Ils sont efficaces, peu coûteux, et bien connus. Mais la prévention ne se limite pas à un médicament. C’est un ensemble : calcium, vitamine D, activité physique, arrêt du tabac, et suivi régulier. Si vous êtes sous stéroïdes, vos os méritent autant d’attention que votre maladie d’origine.

Les stéroïdes provoquent-ils toujours l’ostéoporose ?

Non, pas toujours. Mais le risque est très élevé si vous prenez des doses élevées (≥2,5 mg/jour de prednisone) pendant plus de trois mois. La plupart des patients développent une perte osseuse, mais pas toujours des fractures. La prévention active réduit ce risque de plus de 40 %.

Puis-je prendre du calcium et de la vitamine D sans ordonnance ?

Oui, vous pouvez les acheter sans ordonnance. Mais il est important de choisir des doses adaptées : 1 000 à 1 200 mg de calcium et 600 à 800 UI de vitamine D par jour. Si vous avez une carence avérée, votre médecin peut prescrire des doses plus élevées. Ne dépassez pas 2 000 mg de calcium par jour sans avis médical.

Les bisphosphonates sont-ils dangereux à long terme ?

Ils sont généralement sûrs pour 3 à 5 ans. Après cela, le risque de fractures atypiques du fémur augmente légèrement. C’est pourquoi les médecins évaluent régulièrement la nécessité de continuer. Une pause thérapeutique est parfois recommandée, surtout si votre densité osseuse s’est stabilisée.

Le teriparatide est-il plus efficace que les bisphosphonates ?

Oui, pour les patients à très haut risque. Il augmente la formation osseuse, alors que les bisphosphonates ralentissent la perte. Dans les études, il réduit les fractures vertébrales de 93 % par rapport au placebo, contre 50 à 60 % pour les bisphosphonates. Mais il est plus cher, plus compliqué à utiliser, et ne peut être pris que 2 ans.

Puis-je faire de l’exercice pour protéger mes os ?

Oui, et c’est essentiel. Les exercices de charge, comme la marche rapide, la montée d’escaliers ou les squats légers, stimulent les os. Évitez les activités à risque de chute. La musculation douce, deux à trois fois par semaine, est très bénéfique. L’activité physique n’est pas un remplacement, mais un complément indispensable aux traitements.

Commentaires (10)

Louis Stephenson
  • Louis Stephenson
  • janvier 22, 2026 AT 13:44

Je suis sous prednisone depuis 2 ans, et je dois dire que j’ai commencé les bisphosphonates que quand j’ai eu une fracture du poignet… Trop tard. J’aurais dû écouter plus tôt. Maintenant je prends du calcium + D3 tous les jours, et j’essaie de marcher 40 min par jour. Mes os vont mieux, mais j’ai eu peur.

christophe gayraud
  • christophe gayraud
  • janvier 24, 2026 AT 07:17

Les bisphosphonates ? C’est juste une combine des labos pour vendre des trucs chers. Les os, c’est du naturel : manger des épinards, boire du lait, et arrêter de se laisser faire par les médecins. Tout ce qu’ils veulent, c’est te faire prendre des pilules toute ta vie. La vérité, c’est qu’ils ont peur de dire que les stéroïdes, c’est pas si grave que ça.

Andre Esin
  • Andre Esin
  • janvier 25, 2026 AT 13:42

Je suis médecin en rhumatologie, et je peux confirmer : ce post est une bible. Le calcium + vitamine D, c’est le minimum absolu. J’ai vu des patients avec des T-scores à -4,5 parce qu’ils pensaient que ‘c’était juste des comprimés’. Non. C’est comme prendre un antihypertenseur sans surveiller la tension. Vous ne pouvez pas ignorer les os. Et oui, le zoledronate annuel, c’est une révolution pour les patients qui oublient leurs comprimés.

jean-baptiste Latour
  • jean-baptiste Latour
  • janvier 26, 2026 AT 14:56

ALENDRONATE À JEUN ?!? 😱 Je viens de le prendre avec mon café au lait… J’espère que mon œsophage va me pardonner… 🙏💀 Bon, j’arrête de faire le con, je vais tout reprendre comme il faut. Merci pour le rappel !

Mats Schoumakers
  • Mats Schoumakers
  • janvier 28, 2026 AT 13:17

Vous êtes tous des naïfs. En France, on vous pousse à prendre des médicaments comme des moutons, alors qu’au Canada, ils utilisent la naturopathie et la phytothérapie pour renforcer les os. Les bisphosphonates ? Un poison chimique qui détruit votre microbiote. Et la vitamine D ? On la fabrique avec le soleil, pas avec des pilules de laboratoire. Les médecins français sont des vendeurs, pas des guérisseurs.

Xavier Lasso
  • Xavier Lasso
  • janvier 28, 2026 AT 16:04

Allez, on y va ! 💪 Marche, squats, poids du corps, pas besoin de machine. J’ai 52 ans, je suis sous stéroïdes depuis 4 ans, et j’ai gagné 2,3 % de densité osseuse en 10 mois. C’est pas magique, c’est du boulot. Et oui, le calcium, c’est pas un luxe, c’est une obligation. T’es pas trop vieux pour commencer. T’es juste un peu paresseux. Allez, debout !

Tim Dela Ruelle
  • Tim Dela Ruelle
  • janvier 29, 2026 AT 10:05

Vous écrivez 'vitamine D3' mais vous oubliez la majuscule. C'est 'Vitamine D3', pas 'vitamine D3'. Et 'bisphosphonates' s'écrit avec un 's' à la fin, pas un 't'. Et 'prednisone' n'est pas un nom propre. Votre texte est rempli d'erreurs élémentaires. Comment peut-on faire confiance à un article qui ne respecte pas les règles de base de la langue française ?

Alexandre Masy
  • Alexandre Masy
  • janvier 29, 2026 AT 20:33

Il est regrettable que les recommandations soient aussi simplistes. La médecine moderne a tendance à privilégier les solutions pharmacologiques au détriment de l’analyse individuelle. L’ostéoporose induite par les stéroïdes ne peut être réduite à un protocole standardisé. Chaque patient est un cas unique, et l’approche systématique est une erreur fondamentale.

Marie Jessop
  • Marie Jessop
  • janvier 30, 2026 AT 04:53

Les labos ont vendu le calcium comme une solution miracle, mais personne ne parle du pH du sang. Tu prends du calcium, ton corps le stocke dans les os… ou dans les artères. Et si c’est ce qu’ils veulent ? Pourquoi ils ne disent pas que les stéroïdes, c’est aussi une question de détox ? J’ai lu un livre sur les métaux lourds… et là, j’ai compris.

Pastor Kasi Ernstein
  • Pastor Kasi Ernstein
  • janvier 30, 2026 AT 10:16

Le Seigneur a dit : 'Tu ne prendras point de médicaments artificiels pour fortifier ton corps, car ton corps est le temple du Saint-Esprit.' Les bisphosphonates sont une abomination. Priez, jeûnez, et exposez-vous au soleil. Dieu guérit les os. Les laboratoires sont des temples de Belial. Que le Seigneur vous protège de ces poisons chimiques.

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