La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une maladie qui attaque la partie centrale de la rétine, appelée macula. C’est cette zone qui permet de voir les détails fins : lire un livre, reconnaître un visage, conduire, ou même regarder la télévision. Contrairement à d’autres maladies oculaires, la DMLA ne cause pas de cécité totale. Elle détruit simplement la vision centrale, laissant la vision périphérique intacte. Imaginez regarder à travers un brouillard qui efface le centre de votre champ de vision - c’est ce que ressentent les personnes atteintes.
Elle touche principalement les personnes de plus de 55 ans, et c’est la principale cause de perte de vision chez les seniors dans les pays développés. Aux États-Unis, plus de 10 millions de personnes en sont affectées. D’ici 2040, ce chiffre devrait atteindre 288 millions dans le monde entier. Ce n’est pas une maladie rare - c’est une réalité pour des millions de gens.
Il existe deux types de DMLA : la forme sèche et la forme humide. La forme sèche est la plus courante - elle représente environ 90 % des cas. Elle évolue lentement, avec l’accumulation de dépôts jaunes, appelés drusen, sous la macula. Ces dépôts endommagent progressivement les cellules rétiniennes. Dans les cas avancés, on parle de atrophie géographique : une zone de la macula meurt tout simplement.
La forme humide, elle, est beaucoup plus rare (10 à 15 % des cas), mais elle est responsable de 90 % des pertes de vision sévères. Elle se produit quand de nouveaux vaisseaux sanguins anormaux poussent sous la rétine. Ces vaisseaux sont fragiles. Ils fuient du sang et du liquide, brûlant les cellules photoréceptrices de la macula. Et ça, ça va vite. Sans traitement, une personne peut perdre une grande partie de sa vision centrale en quelques mois.
Et ce qui est inquiétant, c’est qu’une forme sèche peut devenir humide à n’importe quel moment. C’est pourquoi surveiller régulièrement sa vision est crucial.
Vous ne pouvez pas arrêter de vieillir. Mais vous pouvez faire quelque chose pour réduire votre risque.
Le facteur le plus fort ? L’âge. Moins de 1 % des personnes entre 40 et 49 ans ont une DMLA. À plus de 75 ans, ce chiffre grimpe à 35 %. Ensuite vient le tabagisme. Fumer multiplie par près de 4 votre risque. C’est le facteur modifiable le plus dangereux. Arrêter de fumer, même à 70 ans, réduit déjà ce risque.
La génétique joue aussi un rôle. Si un parent proche a une DMLA, votre risque augmente de 3 à 6 fois. Les personnes d’origine blanche sont aussi plus touchées - deux fois plus que les Afro-Américains ou les Hispaniques.
Et puis il y a les autres facteurs : l’hypertension, le cholestérol élevé, et l’obésité. Une personne avec un IMC supérieur à 30 a 2,4 fois plus de risques. Ce ne sont pas des causes directes, mais elles accélèrent le processus. C’est comme mettre du feu à une mèche déjà allumée.
La révolution dans le traitement de la DMLA humide est venue avec les anti-VEGF. VEGF, c’est une protéine qui pousse les vaisseaux sanguins à pousser - même là où ils n’ont rien à faire. Dans la DMLA humide, c’est cette protéine qui crée les vaisseaux anormaux qui fuient et détruisent la macula.
Les anti-VEGF, injectés directement dans l’œil, bloquent cette protéine. Résultat ? Les vaisseaux anormaux se ferment. Le liquide et le sang s’arrêtent de fuir. Et la vision peut se stabiliser - voire s’améliorer.
Avant ces traitements, la DMLA humide menait presque toujours à une perte de vision sévère. Aujourd’hui, 68 % des patients voient leur vision se stabiliser ou s’améliorer après plusieurs injections. C’est une transformation totale.
Les médicaments les plus utilisés sont le Lucentis, l’Eylea, et le Beovu. Ils ne guérissent pas la maladie, mais ils la maîtrisent. Et ils sont devenus le standard mondial : 92 % des ophtalmologues aux États-Unis les prescrivent en première ligne.
Les anti-VEGF fonctionnent, mais ils ne sont pas faciles. Chaque injection se fait dans le bureau du médecin, avec une anesthésie locale. Ce n’est pas douloureux, mais c’est stressant. Beaucoup de patients disent avoir peur de la piqûre, même s’ils savent que c’est nécessaire.
Et les injections, ce n’est pas une seule fois. Au début, il faut en faire une par mois pendant trois mois. Ensuite, on passe à un rythme « au besoin » - c’est-à-dire que vous devez revenir tous les 4 à 8 semaines pour une vérification. Si vous manquez une séance, vous perdez jusqu’à 30 % de vision supplémentaire. Et si vous arrêtez complètement, la maladie reprend sa course.
82 % des patients disent que la charge des visites fréquentes est épuisante. C’est une vraie épreuve de discipline. Il faut être rigoureux, même quand on se sent bien. Parce que la DMLA ne se manifeste pas toujours par une perte soudaine. Elle avance en silence.
Vous ne pouvez pas attendre votre rendez-vous annuel pour savoir si quelque chose change. Le test de l’Amsler est simple, gratuit, et puissant. Il s’agit d’une grille carrée, comme du papier quadrillé. Vous le regardez un œil à la fois, à 30 cm, en portant vos lunettes si vous en avez besoin.
Si les lignes droites deviennent floues, ondulées, ou si des zones semblent manquer - c’est un signal d’alerte. 40 % des patients détectent une transformation de la forme sèche en forme humide grâce à ce test, avant même que leur ophtalmologiste ne le voie.
Il faut le faire chaque jour. Cinq minutes. Une fois le matin, une fois le soir. C’est comme vérifier sa tension ou sa glycémie. Une routine qui peut vous sauver la vue.
La nutrition peut aussi aider - surtout pour la forme sèche. L’étude AREDS2 a montré qu’un complément alimentaire spécifique (contenant de la lutéine, de la zéaxanthine, du zinc, de la vitamine C et E) réduit le risque de progression de 25 %. Ce n’est pas un remède, mais un bouclier. Il est recommandé pour les personnes avec une forme intermédiaire.
Et les innovations continuent. En 2021, un implant appelé Susvimo a été approuvé. Il délivre du médicament directement dans l’œil pendant six mois. Moins d’injections. Moins de visites. Et en 2022, un nouveau médicament, Vabysmo, a été approuvé : il bloque deux cibles à la fois, ce qui pourrait prolonger encore plus les intervalles entre les traitements.
À l’horizon, la thérapie génique est en cours d’essai. Elle vise à modifier les gènes impliqués dans l’inflammation de la rétine - une cause profonde de la DMLA. Ce ne sont pas des promesses lointaines. Ce sont des avancées réelles, qui arrivent maintenant.
Si vous avez plus de 55 ans, faites un examen complet de la vue une fois par an. Même si vous voyez bien. La DMLA ne cause pas de douleur. Elle ne se réveille pas avec un cri. Elle avance en silence.
Si vous avez des drusen ou une forme sèche, commencez le test de l’Amsler. Prenez les compléments AREDS2 si votre médecin le recommande. Arrêtez de fumer. Contrôlez votre tension et votre cholestérol. Mangez des légumes verts, des œufs, des poissons gras. Ces gestes simples font une énorme différence.
Si on vous diagnostique une forme humide, ne reculez pas devant les injections. Elles sont lourdes, mais elles fonctionnent. Des patients comme u/MacUser1954 sur Reddit disent : « Après 12 injections, j’ai passé de 20/200 à 20/40. Chaque piqûre a valu la peine. »
La DMLA n’est plus une sentence de cécité. C’est une maladie chronique - et comme toutes les maladies chroniques, elle se gère. Avec les bons outils, la bonne discipline, et les bons traitements, vous pouvez continuer à lire, à reconnaître les visages de vos petits-enfants, et à voir le monde - nettement, clairement, et longtemps.
J'ai vu ma tante perdre la vue à cause de ça... J'ai jamais cru qu'une piqûre dans l'œil pouvait sauver quelqu'un. Mais après avoir vu les résultats, j'ai juste envie de dire : faites les injections, même si vous avez peur. C'est pas agréable, mais c'est la vie après.